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Economie

Ouest/ Le Budget d’Investissement Public (BIP) : On a reculé de 13 points

Rendu au premier semestre de l’exercice 2018, le niveau d’exécution physique est de 20 %. Réactions

     Le premier semestre de l’exercice 2018 est arrivé à son terme. Le tableau de bord de la Délégation Régionale de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement de Territoire pour l’Ouest (DREPAT/O) affiche des chiffres pas très reluisants. A cette étape de l’année, la région du soleil couchant est très loin du niveau d’exécution du BIP escompté, mettant ainsi tous les acteurs impliqués sur le gril. Environ 20 % de réalisation physique contre 33 % à la même période de l’année 2017.

Une chute de l’ordre de 13 % qui traduit à suffisance le malaise observé sur le terrain. A titre de rappel, la région avait bénéficié d’un total de 598 projets pour une dotation en Autorisation d’Engagement de 10 125 216 035 francs cfa et une dotation en Crédit de Payement de 9 350 928 035 francs cfa. Selon les données de la DREPAT/O, le total de 30 projets à gestion régionale est exécuté à 6.16%, 143 projets à gestion départementale réalisés à 33.03% et seulement un taux de 7.87 % des 425 projets destinés aux communes a été enregistré. Les causes de cette contre - performance sont situées à de différents niveaux de la chaine  : la contractualisation, le fonctionnement de la commission de passation des marchés, la remontée des données et bien sûr le suivi de l’exécution des projets. Un autre facteur ralentissant du BIP à l’Ouest étant la grise mine des prestataires paralysés par des impayés de l’Etat, avec pour conséquence plusieurs marchés infructueux. D’où une baisse de taux de signature et de notification de l’ordre de 12.3 %. Soit 87.36 % en 2018 contre 99.66% en 2017. En dépit de ce hic, il faut savoir gré aux sectorielles pour la parfaite maitrise de la préparation technique des projets (Appels d’offre, Attribution, Signatures et notifications). De nombreux forages sont au seuil de la forclusion. A titre d’illustration, le département du Noun où tous les marchés soumissionnés depuis Yaoundé sont à un taux de réalisation nul.

Bien sûr, les forages passés au niveau départemental sont à 50%. Cet état comparatif ouvre le débat sur la qualité de l’exécution et surtout du suivi par la base, des marchés passés au niveau central. D’ailleurs, presque tous les comités départementaux de suivi du BIP n’ont de cesse de le décrier, même si Louis Roger Serges FANKAM DJOUMESSI, DEREPAT/O minimise ces griefs « Il s’agit d’un simple déficit de communication ».En tout cas, cinq mois nous séparent de la fin de l’exercice. Les communes devront se hâter au risque de servir elles – mêmes du grain à moudre aux esprits malins, à la fois chantres de la  Décentralisation  et entraves au processus de sa mise en œuvre.

Rang

Départements

Exécution phy (%)

Rang

Départements

Exécution fin (%)

1

Koung- Khi

39.27

1

Hauts - Plateaux

6.56

2

Ndé

18.25

2

Noun

4.58

3

Hauts - plateaux

17.95

3

Haut Nkam

4.44

4

Noun

16.68

4

Koung-Khi

4.31

5

Menoua

14.50

5

Ndé

1.83

6

Haut Nkam

14.08

6

Menoua

1.29

7

Bamboutos

13.77

7

Bamboutos

0.00

8

Mifi

12.34

8

Mifi

0.00

Classement des communes

Rang

Communes

Exécution phy (%)

Rang

Communes

Exécution Finan (%)

1

Demdeng

41.62

1

Massangam

14.98

2

Fokoue

35.04

2

Koutaba

10.58

3

Malentouen

30.28

3

Bandja

8.76

4

Bangou

29.90

4

Magba

7.80

5

Bafoussam I

24.88

5

Baham

7.43

6

Baham

24.50

6

Bangou

6.43

7

Magba

24.07

7

Bayangam

3.20

8

Bayangam

22.80

8

Njimom

2.33

9

Penka-Michel

22.80

9

Malentouen

1.81

10

Foumbot

21.99

10

Demdeng

1.50

11

Massangam

20.97

11

Babadjou

0.00

12

Bassamba

20.40

12

Bafang

0.00

13

Nkong-Zem

20.12

13

Bafoussam I

0.00

14

Galim

17.93

14

Bafoussam II

0.00

15

Bangangté

16.09

15

Bafoussam III

0.00

16

Mbouda

15.59

16

Bakou

0.00

17

Koutaba

11.42

17

Bamendjou

0.00

18

Kekem

11.22

18

Bana

0.00

19

Pete-Bandjoun

8.88

19

Bangangté

0.00

20

Santchou

8.76

20

Bangourain

0.00

21

Bafoussam II

8.41

21

Banka

0.00

22

Bafoussam III

5.73

22

Banwa

0.00

23

Dschang

5.66

23

Bassamba

0.00

24

Batcham

5.00

24

Batcham

0.00

25

Batie

4.69

25

Batie

0.00

26

Bandja

3.63

26

Bazou

0.00

27

Banwa

3.36

27

Dschang

0.00

28

Kouoptamo

3.22

28

Fokoue

0.00

29

Bafang

3.22

29

Fongo-Tongo

0.00

30

Babadjou

2.72

30

Foumban

0.00

31

Foumban

2.67

31

Foumbot

0.00

32

Njimom

2.33

32

Galim

0.00

33

Bangourain

1.16

33

Kekem

0.00

34

Bakou

0.00

34

Kouoptamo

0.00

35

Bamendjou

0.00

35

Mbouda

0.00

36

Bana

0.00

36

Nkong-Zem

0.00

37

Banka

0.00

37

Penka Michel

0.00

38

Bazou

0.00

38

Pete-Bandjoun

0.00

39

Fongo-Tongo

0.00

39

Santchou

0.00

40

Tonga

0.00

40

Tonga

0.00

Exécution physique                                                                                       Exécution financière (Liquidation)

Louis Roger Serges FANKAM DJOUMESSI (DREPAT/O)
Louis Roger Serges FANKAM DJOUMESSI (DREPAT/O)

« L’Exécution de 20% est largement plombée par ce qui se déroule dans certaines communes de la région. Le BIP est en cours dans un environnement sous contrainte où on note la tension de la trésorerie, de la baisse de l’offre des prestataires qui se traduit par des infructuosités dans certains départements. Il faut aussi noter qu’au 30 Juillet, nous avons un niveau d’exécution qui est nul dans 07 communes sur 40. La diligence des maires est questionnée, par ce qu’il est difficile de comprendre qu’ayant reçu des autorisations de dépenses en Janvier, que les programmations pilotées par les Marchés Publics aient été faites au mois de Décembre et que rendu au 30 Juillet, on est à une situation d’exécution de 0%.

Ici il faut aussi questionner la capacité du Maire à procéder à une accélération du processus pour atteindre les résultats. En principe, toutes les communes auraient dû avoir franchi le cap de 25% à date. Maintenant, il faut que les maires qui sont à 0% puissent s’assurer que la sélection des prestataires est la bonne pour que dans trois prochains mois qu’on puisse avoir un taux qui remonte au minimum à 60%. Pour ce qui est des autres prestataires il faut dire que dans la région de l’0uest, il est observé que quand un projet arrive à maturité, lorsqu’il est exécuté et réceptionné, la probabilité qu’il soit payé dans la période Mai – Septembre est beaucoup plus grande. Il y a une deuxième période, la plus difficile à l’observation du trésor public,  elle part du 1er Octobre soit au 30 Avril, soit au 30 Mai ».

René KAMDOUM (Maire de Bamendjou)
René KAMDOUM (Maire de Bamendjou)


« Il faut retenir qu’au niveau de Bamendjou, nous avons eu des dotations transférées pour la réhabilitation de certains tronçons routiers. Et ces dotations ne vont être exécutées en régie. Nous étions donc obligés de confectionner les dossier d’appels d’offre que nous avons transmis à la délégation régionale des Marchés Publics de l’Ouest . Ces marchés viennent d’être signés par le délégué régional qui était jusque là autorité contractante. Les entreprises sont en train d’être enregistrées. Mais, la grosse difficulté actuellement, c’est le climat qui n’est pas aussi bon pour l’entretien routier. On ne saurait faire de l’entretien routier dans les pluies. Néanmoins, ces entreprises sont déjà notifiées. Nous osons croire que d’ici quelques temps, ils vont se déployer sur le terrain pour que d’ici fin novembre qu’on ait achevé ces marchés. Il faut aussi relever que d’autres difficultés viendraient du fait que les prestataires ne se pressent plus pour soumissionner les marchés, arguant du fait qu’ils ne sont pas payés. La trésorerie fait défaut dans l’exécution des marchés publics. Nous avons eu une dotation de 16 millions pour construire un bloc de deux salles de classe à l’école publique de Bamendjou chefferie, et je dois vous dire que par cinq fois de suite, cet appel d’offre a été rendu infructueux. Il a valu que le délégué départemental des marchés publics, je ne sais comment il a pu faire pour trouver un soumissionnaire. Lequel soumissionnaire ne se presse pas pour venir retirer son ordre de service pour commencer. Voilà pourquoi on peut parler de ce pourcentage bas. Cela ne veut pas dire qu’on n’a pas commencé. L’exécution d’un marché commence déjà par l’avis d’appel d’offre qui a été fait, par l’attribution qui a été également faite, on est dans la phase des exécutions et on attend le déploiement des entreprises ».

Honorable Hermine Patricia NDAM NJOYA (Président comité suivi BIP Noun)
Honorable Hermine Patricia NDAM NJOYA (Président comité suivi BIP Noun)

« Nous sommes parvenus au second trimestre de l’année à 17 % du BIP dans le département du Noun. Le pourcentage est très bas. Les problèmes se trouvent à plusieurs niveaux. Dans le cadre de notre comité de suivi, nous constatons hélas que ce sont les mêmes problèmes qui reviennent. Il s’agit de la communication, de la coordination entre les élus et les sectorielles. Problème de moyens par rapport aux entrepreneurs. Concrètement pour le cas du Noun, nous avons un sérieux problème de forage. Ils ne sont pas réalisés par ce qu’il n’y a pas de soumissionnaires, ce qui fait que les forages de 2015,2016 et 2017 ne sont réalisés. Et entre temps, les populations ont besoin d’eau. Le problème des travaux routiers persiste aussi, par ce que les procédures sont difficiles pour les maires. En régie c’est compliqué. Et quand il y a passation des marchés, faut il qu’il ait des commissions au niveau communal. Il faut aussi et surtout relever le manque concertation entre les sectorielles. Nous avons essayé de trouver des solutions pertinentes aux problèmes qui se sont posés. Il y a eu des problèmes relevant des choix de site, des mairies qui ne sont pas contactées par des entreprises qui se sont vues attribuer des marchés au niveau régional ou central. Elles débarquent et commencent les travaux sans informer le magistrat municipal. On a aussi noté le cas d’indemnisation des populations. Les membres de la commission qui ont effectivement travaillé au moment de l’identification ne se sont plus sentis inclus au moment de l’indemnisation proprement dite. Plutôt des autorités à un niveau. L’équipe s’est subitement rétrécie, pourtant il s’agit d’une question d’éthique et de transparence. Nous avons dans le cadre de nos assises constaté que les ressources transférées continuent de trainer les pas, par ce qu’il y a des difficultés dans la procédure. Nous avons pris des résolutions avec espoir qu’elles seront étudiées au niveau central. Le comité de suivi a aussi pour mission de remonter les problèmes décelés à la base afin que les correctifs soient faits. Ceci pour le bien des bénéficiaires que sont les populations ».

Jacob FOKOA (Président Association des prestataires / Ouest)
Jacob FOKOA (Président Association des prestataires / Ouest)

« Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Les prestataires sont bloqués pour la plupart pour des anciens projets qui n’ont été payés. Il y a des difficultés que tout le monde peut reconnaitre. Aussi, le processus de lancement des appels d’offre, avec le problème du moins-disant à tous les niveaux qui ne permet pas que l’on exécute une fois avoir soumissionné. Certains prestataires, peut être dans l’intérêt d’avoir le marché à tout prix, baisse anormalement le prix et une fois le marché attribué, ils ne peuvent pas l’exécuter, compte tenu de l’acquisition des matériaux sur le terrain ».

© ouestmediainfo.cm : Alexis YANGOUA                                                                  

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